Culture anglo-saxonne · Halloween

Origine et histoire d'Halloween : ce que les sources disent vraiment

Samhain n'a jamais été un dieu des morts : l'erreur a un auteur, une date et un numéro de page. « Trick or treat » n'est pas né en Alberta en 1927 mais en Ontario en 1917. Et le navet d'Irlande exposé au musée est un moulage en plâtre. Voici l'histoire d'Halloween fait par fait, avec ce que les sources permettent d'affirmer — et ce qu'elles ne permettent pas.

Deux enfants en chapeaux de sorcière tiennent des seaux citrouille et rient joyeusement

Halloween vient de Samhain, une fête gaélique du 1er novembre attestée dans des récits irlandais des Xe et XIIe siècles. Son nom, lui, est anglais : All Hallows' Even, la veille de la Toussaint, attesté depuis 1556. La fête gagne l'Amérique du Nord avec l'émigration irlandaise et écossaise au XIXe siècle, puis la France à partir de 1992.

D'où vient Halloween ?

Halloween descend de Samhain, une fête du calendrier gaélique. En vieil irlandais, samain désigne à la fois le 1er novembre et la fête qu'on y célébrait. Le dictionnaire de référence de la langue irlandaise ancienne, l'eDIL, le définit ainsi et rien de plus.

Ce n'était pas une fête des récoltes au sens agricole. C'était une charnière du calendrier pastoral : on rentrait les troupeaux des pâturages d'été, on abattait les porcs, on passait à l'économie d'hiver.

La nuit de Samhain avait un statut particulier dans la littérature irlandaise médiévale. Elle n'appartenait ni à l'année qui se terminait, ni à celle qui commençait. Le Sidh, l'autre monde, s'ouvrait brièvement sur celui des vivants.

Une jeune femme coiffée d'un chapeau de sorcière et deux enfants souriants entourés de citrouilles
Halloween aujourd'hui. Rien de ce qu'on voit ici ne remonte à Samhain : la citrouille est une plante américaine, et la panoplie appartient à la fête moderne.

Quelles sources attestent réellement Samhain ?

Une seule catégorie : des manuscrits irlandais, rédigés par des clercs chrétiens, entre le IXe et le XIIe siècle. Les Celtes n'écrivaient pas. Tout ce qui précède ces manuscrits est reconstitué, jamais documenté.

Le texte le plus souvent cité est Tochmarc Emire, « La Cour faite à Emer », du cycle d'Ulster. Emer y défie Cúchulainn de rester éveillé « from Samain, when the summer goes to its rest, until Imbolc » — de Samhain, quand l'été va à son repos, jusqu'à Imbolc.

L'Encyclopædia Britannica est explicite sur la pauvreté du dossier : « Very little can be said with certainty about the ancient Samhain observances, because evidence is sparse. » Les mentions brèves datent des Xe et XIIe siècles ; les descriptions détaillées, elles, ne datent que du XVIIIe siècle.

Ce que les sources permettent d'affirmer

Samhain est le nom d'une fête et d'une date, le 1er novembre. Elle est attestée par écrit à partir du haut Moyen Âge irlandais. Elle marque le basculement vers l'hiver dans un calendrier pastoral.

Ce qu'elles ne permettent pas

Lui donner un âge chiffré. Affirmer qu'elle était consacrée aux morts. Affirmer qu'elle ouvrait l'année. L'historien Ronald Hutton, dans The Stations of the Sun (Oxford University Press, 1996), est catégorique : « There is no evidence that it was connected with the dead, and no proof that it opened the year. »

Sources : eDIL, electronic Dictionary of the Irish Language, entrée samain · Encyclopædia Britannica, article « Samhain » · Ronald Hutton, The Stations of the Sun, chapitre 35, OUP, 1996.

Quel âge a réellement Halloween ?

Aucun que l'on puisse chiffrer honnêtement. C'est le premier point sur lequel les pages françaises se contredisent entre elles, sans qu'aucune ne cite de source.

Trois chiffres incompatibles, aucun sourcé
Chiffre avancéQui l'écritSource donnée
« plus de 2 000 ans »un magazine de vulgarisation historiqueaucune
« plus de 2 500 ans »plusieurs sites d'histoire, et le résumé généré par Googleaucune
« 3 000 ans »chaînes de télévision et sites d'apprentissage de l'anglaisaucune
aucun chiffreBritannica, Hutton, eDIL, Wikipédia« evidence is sparse »

Le seul calendrier celtique préchrétien conservé est le calendrier de Coligny, trouvé dans l'Ain et daté du IIe siècle de notre ère. Il nous est parvenu en fragments. Les reconstitutions de son année divergent et aucune ne tranche.

Il faut aussi écarter une idée très répandue : Samhain comme « Nouvel An celte ». Cette lecture vient de Sir John Rhys, dans Celtic Folklore (1901), construite à partir de folklore de l'île de Man recueilli à la fin du XIXe siècle. Britannica la présente comme non concluante.

Samhain était-il un dieu celte des morts ?

Non. faux Et contrairement à la plupart des idées reçues, celle-ci n'est pas anonyme : on connaît son auteur, son année et sa page.

L'erreur est fabriquée par un antiquaire britannique, Charles Vallancey, dans le volume III de ses Collectanea de Rebus Hibernicis, publié à Dublin en 1786. À la page 444, il écrit que « Samhan or Baal-Samhan » appelait les âmes au jugement, et qu'il était nommé « BALSAB, or Dominus mortis » — le seigneur de la mort.

Le détail le plus accablant tient dans une note de la page précédente. Vallancey connaissait l'étymologie correcte et l'a rejetée : il cite le linguiste Edward Lhuyd, pour qui samhain se compose de samh, l'été, et fhuin, la fin — puis conclut : « this is a false derivation ».

Comment une erreur de 1786 arrive-t-elle jusqu'à nous ?

Par une chaîne de citations qu'on peut suivre pas à pas. Godfrey Higgins reprend Vallancey dans The Celtic Druids, sous un titre de section sans ambiguïté : « SAMHAN OR BAL-SAB ». Il récidive dans Anacalypsis (Londres, 1836), en renvoyant explicitement à « Coll. Hib. Vol. III. p. 444 ».

Le relais suivant n'est pas savant. C'est la littérature de fête américaine — des manuels d'animation pour veillées scolaires, à partir de 1911 — puis, à partir des années 1980, les brochures évangéliques hostiles à Halloween, qui avaient tout intérêt à une divinité païenne de la mort.

Chaîne de transmission du mythe « Samhain, dieu des morts » Cinq étapes verticales : Vallancey en 1786, Higgins en 1829 et 1836, la littérature de fête américaine à partir de 1911, les brochures évangéliques à partir des années 1980, puis les pages web d'aujourd'hui. 1786 · Vallancey invente « Samhan, Dominus mortis » 1829-1836 · Higgins le cite et le diffuse 1911-1963 manuels de fête américains années 1980 brochures anti-Halloween aujourd'hui pages web et résumés générés
Deux siècles et quatre relais séparent une note d'antiquaire de 1786 des pages qu'on lit aujourd'hui.

Que disent les spécialistes ?

Trois historiens d'Halloween traitent le sujet, et tous trois le rangent parmi les inventions.

  • Nicholas Rogers, Halloween: From Pagan Ritual to Party Night (Oxford University Press, 2002) Évoque les folkloristes américains « qui ont présumé que la fête était consacrée à Saman, dieu des morts ».
  • Lisa Morton, The Halloween Encyclopedia (McFarland, 2003) Fait remonter la croyance en un dieu nommé Samhain à l'idéal du « bon sauvage » chez les historiens britanniques du XVIIIe siècle.
  • James MacKillop, Myths and Legends of the Celts (Penguin, 2006) Parle sans détour du « faux dieu appelé Samhain, inventé dans les brochures anti-Halloween ».

Une précision, parce qu'elle circule aussi en sens inverse : Lady Wilde n'est pas à l'origine de cette erreur. Dans ses Ancient Legends (1887), Samhain désigne la Lune, jamais un dieu des morts.

Que veut dire le mot « Halloween » ?

« Halloween » est la contraction de All Hallows' Even : la veille de la Toussaint. Le mot est strictement anglais. Il n'a aucun rapport avec le gaélique.

Le mot, morceau par morceau

hallow

Forme archaïque de holy, « saint ». Au pluriel, all hallows désigne tous les saints — donc la Toussaint elle-même.

even

Ancêtre de evening. Le mot désignait aussi bien le soir que le jour précédant une grande fête. C'est le même even que dans Christmas Eve.

'een

Contraction écossaise de even. D'où la graphie Hallowe'en, encore courante au Royaume-Uni et au Canada : l'apostrophe marque la lettre tombée.

L'Oxford English Dictionary situe la plus ancienne attestation du mot au milieu des années 1550, et donne 1556 comme première occurrence datée. Le Dictionary of the Scots Language permet de dater les composés écossais un à un : hallowmes dès 1530, hallowday en 1562, hallowevin en 1564.

Et le poème de Robert Burns ?

Il existe, et il s'intitule bien Halloween. Mais il faut corriger sa date. à rectifier

Le poème paraît dans l'édition dite de Kilmarnock, imprimée par John Wilson en juillet 1786 — pas en 1785. Le tirage était de 612 exemplaires, à trois shillings, épuisés en un mois. La Bibliothèque nationale d'Écosse et l'université de Glasgow donnent la même datation.

Si vous tenez à mentionner 1785, la seule formulation défendable est « composé vers 1785, publié en juillet 1786 ».

Comment prononce-t-on ces mots ?

Deux pièges guettent un francophone dès le premier mot.

Les mots du nom

  • Halloweenha-lo-WEENaccent sur la dernière syllabe
  • hallowHA-losaint, sanctifier
  • All Hallows' Eveol HA-lohz iivla veille de la Toussaint
  • SamhainSAO-ouinnprononciation irlandaise, pas « sam-ain »

En français, on écrit « d'Halloween » avec élision, et non « de Halloween ». L'Office québécois de la langue française rappelle que le h initial du mot est muet en français : l'élision est donc la forme correcte.

Quel est le lien entre Halloween, la Toussaint et le jour des morts ?

Trois jours consécutifs, trois fêtes distinctes. Halloween est la veille, la Toussaint honore les saints, le 2 novembre commémore les défunts.

31 octobre

Halloween

La veille de la Toussaint. Fête populaire, sans statut liturgique propre : son nom dit qu'elle est l'avant-veille d'une autre fête.

1er novembre

La Toussaint

Fête chrétienne de tous les saints. Jour férié en France. C'est elle qui donne son nom à Halloween, et non l'inverse.

2 novembre

Le jour des défunts

La commémoration des morts. Instituée par les moines de Cluny à la fin du Xe siècle, entrée plus tard dans la liturgie romaine.

La confusion française la plus fréquente consiste à placer les fleurs sur les tombes le 1er novembre en croyant honorer les morts. L'usage est réel, mais il appartient liturgiquement au 2 novembre.

Qui a fixé la Toussaint au 1er novembre ?

Pas un seul pape, mais trois, étalés sur plus de deux siècles. C'est le second point sur lequel les pages françaises se contredisent — et l'une d'elles se trompe franchement.

Les trois étapes de la fête, et l'erreur à ne pas reprendre
DateQuiCe qui se passe réellement
13 mai 609Boniface IVConsacre le Panthéon de Rome en église dédiée à la Vierge et à tous les martyrs. La fête se célèbre le 13 mai, pas le 1er novembre.
731-741Grégoire IIIPremière trace du 1er novembre : il dédie une chapelle de Saint-Pierre à tous les saints, et non plus aux seuls martyrs.
800AlcuinObserve la Toussaint le 1er novembre. La date figure aussi dans un calendrier anglais du IXe siècle.
vers 835-837Grégoire IVEn ordonne l'observance générale. Britannica retient 837 ; d'autres sources donnent 835, via un édit de Louis le Pieux.

L'erreur la plus diffusée en français

« Le pape Boniface IV a décrété que le 1er novembre serait la Toussaint. » faux Boniface IV a institué la fête des martyrs le 13 mai 609. Ce sont Grégoire III puis Grégoire IV qui opèrent le déplacement, un à deux siècles plus tard. Cette erreur est publiée en français par un magazine d'autorité, ce qui la rend d'autant plus contagieuse.

Source : Encyclopædia Britannica, articles « All Saints' Day » et « Saint Boniface IV ».

L'Église a-t-elle « récupéré » Samhain ?

C'est le récit le plus répandu, et il résiste mal. non établi

Le choix du 1er novembre ne s'est pas décidé en Irlande ni dans une région celtique, mais dans les diocèses germaniques d'Europe du Nord. Mieux : l'Église d'Irlande a résisté plus d'une génération à cette date, préférant conserver son ancienne fête des martyrs du 20 avril.

Autrement dit, le calendrier chrétien n'a pas recouvert Samhain — il lui est passé à côté, puis l'a rejoint ailleurs et plus tard.

Pourquoi Halloween se fête-t-elle le 31 octobre au soir ?

Parce que c'est une veille. Le nom de la fête le dit : All Hallows' Even. Comme Christmas Eve précède Noël, Halloween précède la Toussaint.

En anglais ancien, even désigne indifféremment le soir et le jour qui précède une grande fête. Une fête importante commençait la veille au coucher du soleil, et non le matin même.

Et du côté celtique ?

Une seule source antique existe, et elle parle des Gaulois, pas des Irlandais. César écrit, au livre VI de la Guerre des Gaules :

« Ils déterminent toutes les durées par le nombre, non des jours, mais des nuits ; et dans l'observance des anniversaires, des débuts de mois et d'année, le jour suit la nuit. »

Jules César, Guerre des Gaules, VI, 18.

Ce témoignage date du Ier siècle avant notre ère et concerne la Gaule. L'étendre à l'Irlande médiévale est une inférence raisonnable, pas une source. C'est une nuance que les pages françaises n'énoncent jamais.

Les trois jours, et la veille qui commence au coucher du soleil Une bande chronologique verticale : le 31 octobre au soir commence Halloween, le 1er novembre est la Toussaint, le 2 novembre commémore les défunts. 31 OCTOBRE · LE SOIR Halloween la veille 1ER NOVEMBRE La Toussaint tous les saints 2 NOVEMBRE Les défunts Cluny, Xe siècle La fête commence la veille, au coucher du soleil.
Halloween n'ouvre pas une saison : elle ferme une journée. C'est la veille d'une fête du lendemain.

La fête a-t-elle déjà changé de date ?

Oui, et il en reste une trace vivante en Écosse. Le Scottish National Dictionary enregistre « Auld Hallowe'en », le « vieil Halloween », qu'on célèbre encore le 11 novembre — la date correspondante dans l'ancien calendrier, avant la réforme grégorienne. Un témoignage de 1881 en atteste dans le Galloway.

Pourquoi une citrouille, et pourquoi pas un navet ?

Parce que la citrouille est une plante américaine. En Irlande et en Écosse, on creusait des navets et des rutabagas. La citrouille arrive avec les émigrants, qui trouvent sur place un légume plus gros, plus tendre et bien plus facile à sculpter.

Le navet creusé portait son propre nom en Écosse : la neepy candle, de neep, le rutabaga. On y taillait un visage, on y glissait une braise ou une chandelle, et on la portait à bout de bras dans la nuit.

Le résultat n'avait rien de rigolo. Un navet creusé, racorni par la chaleur de la bougie, produit un visage brunâtre et grimaçant, nettement plus inquiétant qu'une citrouille orange.

La substitution s'est faite en Amérique du Nord pour des raisons purement pratiques. La Cucurbita pepo y poussait partout, mûrissait précisément fin octobre, et sa chair se creuse à la cuillère.

Une femme sculpte une citrouille sur une table en bois dehors, feuilles d'automne et bougies
Le geste est le même qu'avec un navet. La différence tient à la dureté de la chair : il fallait un couteau et de la force.

Le navet du musée irlandais est un faux — et c'est le musée qui le dit

Le « ghost turnip » exposé au National Museum of Ireland – Country Life, à Castlebar, porte la référence de collection F1943.350. Ce n'est pas un navet : c'est un moulage en plâtre, réalisé et peint par l'artiste du musée, Eileen Barnes.

L'original est arrivé en 1943, envoyé de Fintown, dans le comté de Donegal, par une institutrice nommée Rois Ní Braonáin. Elle précisait qu'il s'agissait du type de lanterne qu'on faisait toujours dans sa localité vers 1900.

Source : National Museum of Ireland, fiche d'objet « Ghost turnip », collection d'ethnographie irlandaise.

La citrouille n'a donc rien de celtique

Rien du tout. Les cucurbitacées de ce type sont domestiquées en Amérique centrale plusieurs millénaires avant notre ère. Aucun Celte d'Irlande n'en a jamais vu une.

Une affirmation isolée circule sur une page française : la citrouille sculptée viendrait d'une coutume romaine. Elle n'est corroborée par aucune autre source et n'est accompagnée d'aucune référence. non établi

En revanche, le lien entre les jeux de pommes d'Halloween — le apple bobbing, qui consiste à attraper une pomme flottante avec les dents — et la déesse romaine Pomone est une hypothèse ancienne, qu'il faut donner comme telle.

Une mère et sa fille récoltent des citrouilles dans un potager en automne
La citrouille mûrit fin octobre. C'est cette coïncidence de calendrier, autant que sa taille, qui a fait d'elle le symbole de la fête.
Du navet irlandais à la citrouille américaine Trois étapes : la lanterne-navet en Irlande et en Écosse, l'émigration du dix-neuvième siècle, puis la substitution par la citrouille en Amérique du Nord, plus grosse et plus facile à creuser. Un même geste, deux légumes, un océan. IRLANDE · ÉCOSSE Le navet creusé neepy candle émigration, XIX e s. AMÉRIQUE DU NORD La citrouille jack-o'-lantern Pourquoi la substitution ? — plus grosse, chair tendre, se creuse à la cuillère — abondante, et mûre fin octobre
La citrouille ne remplace pas le navet pour des raisons symboliques, mais parce qu'elle poussait sur place et se creusait plus vite.

Qui était Jack, celui de la lanterne ?

Avant d'être une citrouille sculptée, jack-o'-lantern désignait un feu follet — l'ignis fatuus, cette lueur mouvante des marais qu'on voyait danser la nuit.

L'Oxford English Dictionary place la plus ancienne attestation au milieu des années 1650 et donne 1658. Le Merriam-Webster donne 1667 et rattache explicitement cette première occurrence au sens « feu follet » : la lanterne en citrouille n'est que le sens moderne.

Quant à la légende de « Jack le pingre » — l'ivrogne qui piège le Diable, se voit refuser le paradis puis l'enfer, et erre avec sa lanterne —, elle n'a rien d'antique. non établi

La plus ancienne version imprimée et datable est un article signé « E. W. » dans le Dublin Penny Journal du 16 janvier 1836. Et cette version ne ressemble pas à celle qu'on raconte aujourd'hui.

On y chercherait en vain la pièce de monnaie, le pommier, le crucifix, le navet, la citrouille — ni même le mot Halloween. Le Diable y remonte des enfers par le mont Mangerton, près de Killarney, et les trois souhaits de Jack portent sur un sycomore, un fauteuil et une boîte à outils en bois.

L'expression « Stingy Jack » n'apparaît imprimée qu'en 1851, dans The Rhyme Book d'Hercules Ellis, qui met la même légende en vers.

Une femme tient une citrouille d'Halloween sculptée devant elle, gros plan en extérieur
Le visage taillé est tardif. Pendant deux siècles, le mot désignait une lueur dans les marais, pas un objet.

On lit souvent que ce conte irlandais remonterait « au milieu du XVIIIe siècle ». Aucune source ne soutient cette datation. Les deux grands historiens d'Halloween, Ronald Hutton et Nicholas Rogers, ne mentionnent même pas « Stingy Jack ».

D'où vient « trick or treat », la quête de bonbons ?

De deux traditions britanniques distinctes — le souling anglais et le guising écossais — recomposées en Amérique du Nord. La formule elle-même est canadienne, et plus ancienne qu'on ne le dit partout.

Le souling : un gâteau contre une prière

En Angleterre, les pauvres passaient aux portes à la Toussaint et recevaient un gâteau — le soul cake — en échange de prières pour les morts de la maison.

Les trois ingrédients de cette coutume sont attestés séparément. Un sermon de John Mirk pour le jour des Morts décrit une distribution de pain pour les âmes, à la fin du XIVe siècle. Shakespeare fait dire à Speed « to speak puling, like a beggar at Hallowmas », vers 1593. Et John Aubrey décrit les soule-cakes du Shropshire avec leur comptine, vers 1686.

Mais aucun document daté ne fixe l'origine de la quête de porte en porte elle-même. non établi

Deux enfants costumés en sorcière et diable, de dos, devant les portes d'une maison
Le geste a plus de quatre siècles ; la formule qui l'accompagne n'en a pas encore cent dix.

Une mise en garde utile : on lit souvent que le souling serait « attesté en 1511 dans des comptes de marguilliers ». faux 1511 est la date d'une édition imprimée du sermonnaire de John Mirk, pas celle d'un registre de paroisse. C'est le même texte de la fin du XIVe siècle, redaté par l'accident de l'imprimerie.

Le guising : se déguiser pour être reçu

En Écosse, des bandes de jeunes masqués passaient de maison en maison, où on les faisait entrer et où on les régalait. Le mot est ancien : le Dictionary of the Scots Language atteste gysar, « masque, mime », dès 1491, dans les comptes du Trésor royal.

Les registres de consistoire d'Elgin montrent que l'affaire pouvait mal tourner. Le 7 janvier 1623, cinq hommes y sont condamnés à 40 shillings chacun pour avoir dansé l'épée masqués dans un cimetière. Précision qui a son importance : il s'agissait du guising de Noël et du Nouvel An, pas d'Halloween.

« Guising attesté en 1895 à Blantyre » : la ville n'existe pas dans la source

La description la plus nette du guising écossais à Halloween — des bandes de dix à vingt masqués portant des lanternes taillées dans des navets, reçus dans les maisons et régalés de « cakes, fruit and money » — se lit dans l'article « Allhallowtide » de M. E. Leicester Addis, paru dans Frank Leslie's Popular Monthly de novembre 1895, pages 539 à 543.

Le mot « Blantyre » n'apparaît pas une seule fois dans ce fascicule. L'autrice écrit en Écossaise se souvenant de son enfance rurale et ne nomme aucun lieu. La mésattribution est recopiée de page en page depuis des années.

Source : Frank Leslie's Popular Monthly, vol. XL, n° 5, novembre 1895, p. 539-543 (fascicule numérisé).

Quand la formule « trick or treat » apparaît-elle ?

En 1917, en Ontario. Pas en 1927 en Alberta, comme on le répète. L'écart est d'une décennie, et les deux formes de la phrase sont nées à vingt-quatre heures d'intervalle.

La naissance imprimée d'une formule, étape par étape
DateJournal et lieuForme imprimée
1er nov. 1917The Sault Daily Star, Sault Ste. Marie, Ontario« tricks or treats » — la plus ancienne connue
2 nov. 1917Owen Sound Sun, Owen Sound, Ontario« trick or treat » — la forme canonique, le lendemain
3 nov. 1921Owen Sound Sun-Times, Ontario« trick or a treat »
2 nov. 1922Edmonton Bulletin, Alberta« treat or tricks »
4 nov. 1927Herald, Lethbridge, Albertasouvent présentée comme « la première » — elle ne l'est pas
1er nov. 1928The Bay City Daily Times, Michiganpremière occurrence aux États-Unis
nov. 1939The American Home, magazine nationalla formule entre dans la presse nationale américaine

L'article de 1917 montre d'ailleurs que la menace n'était pas une politesse : « "Tricks or treats" you could hear the gangs call out, and if the householder passed out the "coin" for the "treats" his establishment would be immune from attack. » On achetait la paix.

Cette antériorité a été établie par le lexicographe Barry Popik et rapportée par Ben Zimmer dans le Wall Street Journal du 31 octobre 2015.

Comment Halloween est-elle devenue américaine ?

Par l'émigration. La Grande Famine irlandaise, à partir de 1845, jette sur les routes de l'Atlantique des centaines de milliers d'Irlandais, bientôt rejoints par des Écossais. Ils emportent leurs usages de la veille de Toussaint.

La fête se recompose alors sur place. Le souling anglais, le guising écossais et le navet creusé irlandais se fondent en une pratique unique, et la citrouille remplace le navet.

Le passage à la fête organisée est tardif. Dans les années 1920 et 1930, les municipalités américaines cherchent surtout à canaliser le vandalisme de la nuit du 31 octobre. La quête de bonbons encadrée est en partie une réponse à un problème d'ordre public, pas seulement une tradition héritée.

Que pèse Halloween aux États-Unis aujourd'hui ?

La National Retail Federation mène une enquête annuelle sur le sujet depuis 2005. Les chiffres ci-dessous proviennent de son édition conduite auprès de 7 889 consommateurs, du 1er au 9 septembre 2026.

Halloween aux États-Unis : enquête National Retail Federation, septembre 2026
IndicateurValeur
Dépenses totales attendues13,5 milliards de dollars (record de 13,1 milliards en 2025)
Dépense moyenne par personne115,14 dollars (114,45 dollars en 2025)
Part des consommateurs qui fêtent Halloween74 % (contre 68 % en 2019)
Déguisements4,4 milliards de dollars — premier poste
Décorations4,3 milliards de dollars
Bonbons4,1 milliards de dollars, achetés par 96 % des consommateurs
Consommateurs qui taillent une citrouille42 %

Une précision qui évite une erreur courante : la NRF ne publie aucun montant de dépenses pour les citrouilles. Ses postes sont les bonbons, les décorations, les déguisements et les cartes de vœux. Toute page annonçant « X milliards de citrouilles selon la NRF » invente son chiffre.

Depuis quand fête-t-on Halloween en France ?

Depuis 1992 pour la première occurrence connue, et depuis 1997 pour l'installation commerciale. C'est donc une arrivée très récente : à peine plus de trente ans.

Chronologie d'Halloween en France, de 1992 à 2026 Six étapes : première fête connue à Nantes en 1992, opération Olaween au Trocadéro en 1997, adoption par la grande distribution en 1998, riposte catholique Holy wins en 2002, arrêt de la Cour de cassation en 2004, et mesure de marché en 2024. 1992 · Nantes quartier Doulon : des enfants frappent aux portes 1997 · Trocadéro 8 500 citrouilles, « Olaween » 1998 la grande distribution adopte 2002 · « Holy wins » riposte du diocèse de Paris 2004 · Cour de cassation la marque déposée tombe 2024 · 55 % des foyers 132,7 M€ de bonbons
Trente-deux ans séparent la première fête connue de la dernière mesure de marché disponible.

La première fête connue est nantaise

Le 31 octobre 1992, dans le quartier Doulon à Nantes, des enfants se déguisent et frappent aux portes des maisons ayant disposé une citrouille bien en vue. L'initiative vient d'une habitante ayant vécu deux Halloween aux États-Unis.

C'est la première occurrence connue d'une telle célébration en France. Elle précède de cinq ans l'opération commerciale qui a laissé le souvenir d'un lancement.

1997 : l'année où Halloween devient une opération marketing

En 1997, France Télécom décore les jardins du Trocadéro pour promouvoir Ola, son service de téléphonie mobile. L'opération est baptisée « Olaween ».

Le nombre de citrouilles installées mérite un mot. Les pages françaises écrivent « 8 000 ». Le Los Angeles Times, qui couvre l'événement le 31 octobre 1997, écrit 8 500. Entre une source contemporaine des faits et une reprise tardive, la source contemporaine l'emporte.

Le même article relève un second fait, jamais cité en France : la même année, les Galeries Lafayette et leurs 70 magasins utilisent Halloween comme thème commercial pour la première fois.

Attention à une confusion de date fréquente : le film publicitaire « Olaween » conservé par l'INA est daté du 26 octobre 1998. La campagne est de 1997, la publicité archivée de 1998.

Des enfants déguisés en ange et en démon fêtent Halloween avec ballons et confettis
En France, Halloween est restée une fête d'enfants et de commerces, sans jamais s'attacher à un rite familial.

Où en est Halloween en France aujourd'hui ?

Les seules données chiffrées disponibles portent sur la saison 2024, mesurées par le panéliste NielsenIQ et publiées par la presse professionnelle de la distribution. Aucun organisme public français ne mesure Halloween : l'INSEE ne publie rien sur le sujet.

Halloween en France, saison 2024 — panel NielsenIQ, relevé sur les quatre semaines closes le 3 novembre 2024
IndicateurValeurÉvolution
Foyers français célébrant Halloween55 %—
Chiffre d'affaires des bonbons d'Halloween132,69 millions d'euros− 0,6 %
Volume16 720 tonnes+ 2,3 %
Unités vendues52 millions+ 2,8 %
Part de la période dans la confiserie annuelle13,7 % des volumes+ 20 % par rapport à 2019
Taux de pénétration47 % des foyers acheteurs+ 270 000 foyers
Dépense moyenne par acheteur7,40 euros4,46 € par acte d'achat

Ces chiffres dessinent une fête installée mais modeste : plus de volume, moins de valeur, et une dépense moyenne inférieure à huit euros par foyer acheteur.

Ce qu'on ne peut pas affirmer sur la France

Qu'Halloween a connu un « reflux » mesuré dans les années 2000, puis un « retour en force ». non établi Ces récits existent dans la presse, mais aucune série chiffrée continue ne permet de tracer une courbe depuis 1997. Les seules données de panel disponibles sont récentes. Toute page qui présente une montée puis une chute construit une narration, pas une mesure.

Sources : Los Angeles Times, 31 octobre 1997 · INA, fiche publicité France Télécom Itineris Ola, 26 octobre 1998 · NielsenIQ et Kantar Worldpanel, saison 2024, via la presse professionnelle de la distribution.

La France avait-elle sa propre fête des navets grimaçants ?

Oui. C'est le point que les pages françaises passent systématiquement sous silence, alors qu'il désamorce le reproche le plus courant fait à Halloween : « c'est une fête américaine importée ».

Avant que la citrouille américaine n'arrive, plusieurs régions de France et d'Europe continentale creusaient déjà des navets et des betteraves à la même période de l'année, pour y tailler des visages et les éclairer de l'intérieur.

Les lanternes-légumes d'Europe continentale, hors monde anglo-celtique
RégionNom localCe qu'on en sait
Moselle, pays de Nied, Sarre, Vosges du NordRommelbootzennaat« La nuit des betteraves grimaçantes », en francique lorrain.
Finistèretêtes de betterave fourragèreLes enfants y taillaient des visages au début du XXe siècle. L'usage est rapporté par l'écrivain bigouden Pierre-Jakez Hélias.
Vosgestêtes de mort en navetsTaillées au XIXe siècle, mais pour la Saint-Grégoire — pas pour la Toussaint.
CorseSant'AndriaQuête de porte en porte, distincte d'Halloween par sa date.
OccitanieMartrorFête des morts occitane, ravivée depuis les années 2000, notamment à Pézenas.
WallonieGrign' Dints« Grince-dents ». La pratique a disparu dans les années 1980.
Suisse alémaniqueRäbeliechtliCortège de lanternes-raves, toujours vivant à Richterswil, le deuxième samedi de novembre.
Allemagne, AutricheRübengeistern« Esprits de navets ». Même geste, même saison.
Île de ManHop-tu-NaaFête du 31 octobre, antérieure à l'Halloween commercial, avec lanternes en navet.

Deux conclusions en découlent. D'abord, le navet grimaçant n'est pas une exclusivité irlandaise : c'est un geste d'Europe du Nord et de l'Est de la France, partout où l'on cultivait la rave.

Ensuite, et c'est plus gênant pour le récit habituel : ce que la France a importé d'Amérique dans les années 1990, ce n'est pas la lanterne. C'est la citrouille, le déguisement commercial et la formule anglaise. Le légume creusé, elle l'avait déjà.

Sept idées fausses sur l'origine d'Halloween

Chacune de ces affirmations se lit aujourd'hui sur des pages françaises bien classées. Voici, pour chacune, ce que les sources établissent réellement.

Les sept erreurs les plus recopiées, et ce qu'il faut leur substituer
Ce qu'on litStatutCe qui est établi
« Samhain, dieu celte des morts » faux Samhain est une fête et une date. Le dieu est inventé par Charles Vallancey en 1786, page 444 de ses Collectanea.
« Halloween a 2 500 ans » non établi Aucun chiffre n'est sourçable. Les plus anciennes mentions écrites sont des manuscrits irlandais des IXe-XIIe siècles.
« Samhain était le Nouvel An celte » non établi Lecture proposée par Sir John Rhys en 1901. Hutton : « no proof that it opened the year ».
« L'Église a christianisé Samhain en fixant la Toussaint au 1er novembre » non établi La date s'est fixée dans les diocèses germaniques du Nord. L'Église d'Irlande a longtemps gardé le 20 avril.
« Boniface IV a placé la Toussaint au 1er novembre » faux Il consacre le Panthéon le 13 mai 609. Ce sont Grégoire III puis Grégoire IV qui déplacent la fête.
« Trick or treat apparaît en 1927 en Alberta » faux La formule est imprimée dès le 1er novembre 1917, en Ontario. 1927 arrive dix ans trop tard.
« Le navet irlandais d'origine est conservé au musée » faux Ce qui est exposé est un moulage en plâtre peint par Eileen Barnes, référence F1943.350.

Une huitième, pour la route, parce qu'elle revient chaque automne : les bonbons empoisonnés ou garnis de lames de rasoir. faux Ces actes sont extrêmement rares et n'ont jamais donné lieu à des blessures graves documentées. La rumeur, elle, se porte très bien.

Le vocabulaire d'Halloween en anglais

Vingt-quatre mots et expressions, classés par usage, avec la transcription simplifiée et un bouton d'écoute. La voix de synthèse lit en anglais britannique, à vitesse réduite.

La fête et ses dates

  • All Hallows' Eveol HA-lohz iivla veille de la Toussaint
  • All Saints' Dayol SÈINTS dèila Toussaint
  • All Souls' Dayol SOHLZ dèile jour des défunts
  • bonfireBON-faïeurfeu de joie
  • harvestHAA-vistla récolte
  • autumnOO-teuml'automne — le n est muet

La lanterne et la citrouille

  • pumpkinPAMP-kinela citrouille
  • turnipTEUR-niple navet
  • jack-o'-lanternDJAK-eu-LAN-teurnla lanterne taillée
  • to carvetou KAAVsculpter, tailler
  • candleKANN-deulla bougie
  • will-o'-the-wispOUIL-eu-dheu-OUISPle feu follet

Le porte-à-porte

  • trick or treatTRIK or TRIITdes bonbons ou un sort
  • to go trick-or-treatingtou gô TRIK-or-TRII-tinguefaire la tournée des maisons
  • sweets / candySOUIITS / KANN-dibonbons — britannique, puis américain
  • costumeKOS-tyoumle déguisement
  • to dress uptou DRÈSS APse déguiser
  • guisingGAÏ-zinguele déguisement écossais de quête

Personnages et atmosphère

  • witchOUITCHla sorcière
  • ghostGÔSTle fantôme — le h est muet
  • skeletonSKÈ-leu-teunle squelette
  • spookySPOU-kiinquiétant, qui donne le frisson
  • haunted houseHOON-tid HAOUSSla maison hantée
  • soul cakeSÔL kèikle gâteau des âmes

Six pièges de prononciation pour un francophone

Halloween

L'accent tombe sur la dernière syllabe : « ha-lo-WEEN ». Un francophone accentue spontanément la première, ce qui rend le mot méconnaissable.

ghost

Le h ne se prononce pas. On dit « gôst », jamais « gueu-hôst ». Même règle dans ghoul et ghastly.

autumn

Le n final est muet : « OO-teum ». Il ne réapparaît que dans l'adjectif autumnal.

witch

À distinguer de which. En anglais britannique standard les deux se prononcent de la même façon, mais l'orthographe ne pardonne pas à l'écrit.

costume

Deux syllabes, accent sur la première : « KOS-tyoum ». Rien à voir avec le « costume » français, qui désigne un vêtement de ville.

Samhain

Ne se lit pas « sam-ain ». La prononciation irlandaise donne environ « SAO-ouinn ». Le mh irlandais se prononce comme un v ou un w.

Dit-on « joyeux » ou « joyeuse » Halloween ?

Les deux se rencontrent, parce que le genre du mot n'est pas fixé en français. L'usage le plus répandu est « joyeux Halloween », au masculin.

En anglais, la question ne se pose pas : on dit Happy Halloween — jamais Merry Halloween, qui est réservé à Noël.

Comment expliquer Halloween à un enfant ?

En cinq phrases, sans faire peur et sans raconter d'histoires fausses. Voici une version courte, exacte, qu'un enfant de six ans peut suivre.

  1. C'est la veille d'une autre fête

    Le 1er novembre, c'est la Toussaint. Halloween, c'est le soir d'avant. Son nom veut dire « la veille de tous les saints ».

  2. Ça vient d'Irlande et d'Écosse

    Là-bas, à la fin de l'automne, on allumait des feux et on rentrait les animaux pour l'hiver. La fête s'appelait Samhain.

  3. On creusait des navets, pas des citrouilles

    On y taillait un visage et on mettait une bougie dedans, pour s'éclairer sur le chemin.

  4. La citrouille est arrivée en Amérique

    Des familles irlandaises sont parties vivre là-bas. Elles ont trouvé un légume plus gros et plus facile à creuser.

  5. Les bonbons sont la partie la plus récente

    On passait déjà de porte en porte il y a très longtemps, mais la phrase « trick or treat » n'a été écrite pour la première fois qu'en 1917.

Un garçon et une fille déguisés tiennent chacun une citrouille sculptée en souriant
Un enfant retient mieux une date vérifiable qu'un récit effrayant. 1917 est plus facile à raconter qu'un dieu qui n'a jamais existé.

Quelle activité en anglais, pour quel âge ?

Choisissez une tranche d'âge : l'activité adaptée s'affiche, avec son objectif de langue.

Aucune tranche d'âge sélectionnée pour l'instant.

Vérifier ce qui est acquis

Dix questions sur ce qui précède. Une tentative par question, correction immédiate et justifiée. Rien n'est transmis : aucune requête réseau, aucun enregistrement.

Exercice corrigé

Les six premières portent sur l'histoire, les quatre dernières sur la langue.

1. Samhain désigne :

2. Le pape Boniface IV a fixé la Toussaint au 1er novembre.

3. En quelle année la formule « trick or treat » est-elle imprimée pour la première fois ?

4. Avant la citrouille, on creusait principalement :

5. Le navet irlandais exposé au National Museum of Ireland est l'original de 1943.

6. En quelle année a lieu la première fête d'Halloween connue en France, à Nantes ?

7. All Hallows' Even signifie :

8. Comment dit-on « citrouille » en anglais ?

9. Dans Halloween, l'accent tonique tombe sur :

10. À l'origine, jack-o'-lantern désignait :

Six affirmations à trancher

Le mot « Halloween » vient du gaélique irlandais.

La citrouille a remplacé le navet pour des raisons pratiques.

La France n'a jamais eu de tradition de légume creusé et éclairé.

Le poème Halloween de Robert Burns a été publié en 1785.

Le 2 novembre et le 1er novembre ne commémorent pas la même chose.

On peut dater l'origine de Samhain à 2 500 ans avec certitude.

Cartes-mémoire du lexique

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Glossaire

Les huit entités qui reviennent dans cette page, définies en une phrase chacune.

Samhain

Fête gaélique du 1er novembre marquant le passage à l'hiver dans un calendrier pastoral, attestée dans des manuscrits irlandais des IXe-XIIe siècles.

Toussaint

Fête chrétienne de tous les saints, célébrée le 1er novembre depuis le IXe siècle, après avoir été fixée au 13 mai.

Jack-o'-lantern

D'abord un feu follet dans l'anglais du XVIIe siècle, puis la lanterne taillée dans un navet, enfin dans une citrouille.

Souling

Coutume anglaise consistant à passer aux portes à la Toussaint pour recevoir un gâteau, le soul cake, en échange de prières pour les morts.

Guising

Coutume écossaise du déguisement de quête ; le mot gysar est attesté dès 1491 dans les comptes du Trésor royal d'Écosse.

Neepy candle

Nom écossais de la lanterne creusée dans un rutabaga, de neep, le rutabaga.

Rommelbootzennaat

« La nuit des betteraves grimaçantes » en francique lorrain : tradition de lanternes-légumes de Moselle, de Sarre et des Vosges du Nord.

Calendrier de Coligny

Seul calendrier celtique préchrétien conservé, trouvé dans l'Ain et daté du IIe siècle, parvenu en fragments et de reconstitution disputée.

Questions fréquentes sur l'origine et l'histoire d'Halloween

Quelle est la vraie origine d'Halloween ?

Halloween descend de Samhain, fête gaélique du 1er novembre qui marquait le passage à l'hiver dans un calendrier pastoral. Son nom, en revanche, est anglais : All Hallows' Even, la veille de la Toussaint. La fête traverse l'Atlantique avec l'émigration irlandaise et écossaise du XIXe siècle, se recompose en Amérique du Nord, puis revient en Europe continentale à la fin du XXe siècle sous sa forme américaine.

Qui a inventé Halloween ?

Personne. Aucune date de fondation, aucun fondateur. C'est un empilement : une fête calendaire gaélique, un nom anglais formé sur la Toussaint chrétienne, une coutume de quête anglaise, un déguisement écossais, un légume américain et une formule imprimée pour la première fois au Canada en 1917.

Que signifie le mot « Halloween » ?

« La veille de tous les saints ». Hallow est la forme archaïque de holy, saint ; even est l'ancêtre de evening et désignait aussi le jour précédant une grande fête. L'Oxford English Dictionary en donne une attestation dès 1556. La graphie Hallowe'en, encore courante au Royaume-Uni et au Canada, marque par l'apostrophe la lettre tombée.

Pourquoi Halloween se fête-t-elle le 31 octobre ?

Parce que c'est une veille, et que les grandes fêtes commençaient la veille au coucher du soleil. La Toussaint tombe le 1er novembre ; sa veille est donc le 31 octobre au soir. Du côté celtique, la seule source antique est César, qui écrit des Gaulois que « le jour suit la nuit ». Ce témoignage porte sur la Gaule du Ier siècle avant notre ère : l'étendre à l'Irlande médiévale est une inférence, pas une preuve.

Est-ce que Halloween est une fête religieuse ?

Non, pas en elle-même. Halloween n'a aucun statut liturgique propre : elle tire son nom de la Toussaint, qui la suit. Les deux fêtes qui l'encadrent sont religieuses — la Toussaint le 1er novembre, la commémoration des défunts le 2 novembre — mais le 31 octobre au soir relève du folklore, puis du commerce.

Pourquoi certains chrétiens ne fêtent-ils pas Halloween ?

Deux motifs reviennent. Le premier est l'imagerie de sorcellerie et de mort, jugée incompatible avec la Toussaint du lendemain. Le second tient à la croyance, largement diffusée par des brochures des années 1980, qu'Halloween honorerait un dieu païen des morts — croyance qui repose sur une invention d'antiquaire de 1786. En 2002, le diocèse de Paris a lancé une contre-proposition baptisée « Holy wins ».

Quelle est la différence entre Halloween, la Toussaint et la fête des morts ?

Trois jours, trois objets. Le 31 octobre est une veille populaire sans statut liturgique. Le 1er novembre, la Toussaint, honore tous les saints : c'est le jour férié. Le 2 novembre commémore les défunts ; cette fête a été instituée par les moines de Cluny à la fin du Xe siècle. L'usage français de fleurir les tombes le 1er novembre appartient liturgiquement au 2.

L'histoire d'Halloween est-elle vraie ? Quels mythes faut-il écarter ?

Une bonne partie de ce qui circule est faux. Les cinq erreurs les plus recopiées : Samhain n'était pas un dieu des morts (invention de Charles Vallancey, 1786) ; son âge n'est pas chiffrable (les chiffres de 2 000, 2 500 et 3 000 ans n'ont aucune source) ; Boniface IV n'a pas fixé la Toussaint au 1er novembre (il l'a instituée le 13 mai 609) ; « trick or treat » date de 1917, pas de 1927 ; et le navet exposé au musée irlandais est un moulage en plâtre.

Pourquoi les couleurs d'Halloween sont-elles l'orange et le noir ?

L'orange est celle de la citrouille et de l'automne, le noir celle de la nuit. Pour l'historienne Nadine Cretin, ce couple s'est fixé après la rencontre d'Halloween avec le Jour des morts mexicain. La publicité l'a ensuite installé durablement, depuis plus d'un siècle. Le mauve, le vert et le rouge sont des ajouts plus récents, propres aux rayons de saison.

Pourquoi une citrouille, et pourquoi pas un navet ?

En Irlande et en Écosse, c'était bien un navet ou un rutabaga — la neepy candle. La citrouille est une plante américaine, inconnue des Celtes. Les émigrants irlandais ont trouvé en Amérique du Nord un légume plus gros, plus tendre, abondant et mûr précisément fin octobre. La substitution est purement pratique : une citrouille se creuse à la cuillère, un navet demande un couteau et de la force.

Pourquoi se déguise-t-on à Halloween ?

Le déguisement de quête vient du guising écossais, où des bandes de jeunes masqués passaient de maison en maison et y étaient reçus. Le mot gysar est attesté dès 1491. L'explication souvent avancée — se déguiser pour tromper les esprits — est une interprétation tardive : elle n'est documentée par aucune source ancienne.

D'où vient l'expression « trick or treat » ?

Du Canada, et plus tôt qu'on ne le dit. La forme plurielle « tricks or treats » est imprimée dans The Sault Daily Star, en Ontario, le 1er novembre 1917 ; la forme canonique au singulier paraît le lendemain dans l'Owen Sound Sun. La référence albertaine de 1927, citée partout comme « la première », arrive dix ans trop tard. En français, on traduit par « des bonbons ou un sort ».

Comment Halloween est-elle arrivée en France, et depuis quand ?

La première occurrence connue date du 31 octobre 1992, dans le quartier Doulon à Nantes, à l'initiative d'une habitante ayant vécu deux Halloween aux États-Unis. L'installation commerciale suit en 1997 : France Télécom décore les jardins du Trocadéro de 8 500 citrouilles pour son opération « Olaween », et les Galeries Lafayette utilisent Halloween comme thème de vente pour la première fois. En 2024, 55 % des foyers français déclaraient célébrer la fête.

Comment expliquer Halloween à un enfant en quelques phrases ?

En cinq phrases : c'est la veille de la Toussaint ; la fête vient d'Irlande et d'Écosse, où l'on allumait des feux à l'entrée de l'hiver ; on y creusait des navets, pas des citrouilles ; la citrouille est arrivée quand des familles irlandaises sont parties vivre en Amérique ; et la tournée des bonbons est la partie la plus récente, puisque la phrase « trick or treat » n'a été imprimée pour la première fois qu'en 1917.

Les sources de cette page

Chaque affirmation datée de cette page provient de l'une des références ci-dessous. Lorsqu'une information n'a pas pu être établie, la page le dit au lieu de combler le trou.

Dictionnaires et références lexicographiques

  • Oxford English Dictionary — entrées Halloween (première attestation : 1556) et Jack-o'-lantern (1658).
  • Dictionary of the Scots Language / Scottish National Dictionary — hallowevin (1564), gysar (1491), « Auld Hallowe'en ».
  • eDIL, electronic Dictionary of the Irish Language — entrée samain.
  • Merriam-Webster — jack-o'-lantern, sens « ignis fatuus », 1667.

Travaux d'historiens

  • Ronald Hutton, The Stations of the Sun: A History of the Ritual Year in Britain, Oxford University Press, 1996.
  • Nicholas Rogers, Halloween: From Pagan Ritual to Party Night, Oxford University Press, 2002.
  • Lisa Morton, The Halloween Encyclopedia, McFarland, 2003.
  • James MacKillop, Myths and Legends of the Celts, Penguin, 2006.
  • Encyclopædia Britannica — articles « Samhain », « All Saints' Day », « Saint Boniface IV ».

Sources d'époque

  • Charles Vallancey, Collectanea de Rebus Hibernicis, vol. III, Dublin, 1786, p. 443-467 — l'origine documentée du faux dieu Samhain.
  • Dublin Penny Journal, 16 janvier 1836 — la plus ancienne version imprimée de la légende de Jack.
  • M. E. Leicester Addis, « Allhallowtide », Frank Leslie's Popular Monthly, novembre 1895, p. 539-543.
  • The Sault Daily Star, 1er novembre 1917, et Owen Sound Sun, 2 novembre 1917, Ontario.
  • Jules César, Guerre des Gaules, VI, 18.
  • Robert Burns, Halloween, édition de Kilmarnock, juillet 1786.

Institutions, presse et données

  • National Museum of Ireland – Country Life, fiche d'objet « Ghost turnip », référence F1943.350.
  • Bibliothèque nationale d'Écosse et université de Glasgow — datation de l'édition de Kilmarnock.
  • Los Angeles Times, 31 octobre 1997 — l'opération « Olaween » et les Galeries Lafayette.
  • INA — fiche de la publicité France Télécom Itineris Ola, 26 octobre 1998.
  • National Retail Federation, enquête Halloween de septembre 2026, menée auprès de 7 889 consommateurs.
  • NielsenIQ et Kantar Worldpanel, saison 2024, via la presse professionnelle de la distribution.
  • Barry Popik, lexicographe, relayé par Ben Zimmer, The Wall Street Journal, 31 octobre 2015.

Pour aller plus loin

Halloween installe un lexique et quelques repères culturels. Si l'objectif est de comprendre et de parler la langue au quotidien, la suite se joue ailleurs.

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